Le 15 septembre 2026, fournisseurs de solutions circulaires, acheteurs publics et experts se sont réunis à l'occasion de l'édition annuelle du "Meet & Greet" consacrée à la commande publique circulaire. Cette journée a permis de favoriser le dialogue entre l'offre et la demande, de partager des retours d'expérience inspirants et d'identifier collectivement les freins et leviers à l'intégration de l'économie circulaire dans les marchés publics.
Au-delà de la mise en réseau, l'évènement visait à ouvrir le dialogue entre offreurs et acheteurs pour co-construire des solutions innovantes capables d'accélérer l'intégration de l'économie circulaire dans les marchés publics. Et la réglementation européenne à venir nous servira de levier, puisque le prix ne pourra plus être le seul critère d'attribution, renforçant l'importance de l'introduction de critères de qualité comme par exemple des critères ayant trait à l'environnement.
Intégrer la circularité pas à pas : les enseignements de l'Université de Liège
Parmi les interventions marquantes de la journée, l'Université de Liège a présenté sa démarche en matière d'achats durables. Face au constat qu'environ la moitié de ses émissions de CO₂ étaient liées à ses achats, l'institution s'est progressivement engagée dans l'intégration de critères de durabilité dans différents marchés publics. Ordinateurs reconditionnés, fournitures de bureau ou encore services de catering : l'approche retenue a consisté à avancer étape par étape, en accompagnant les utilisateurs et en leur laissant, dans un premier temps, une certaine liberté de choix afin de faciliter l'appropriation des nouvelles pratiques.
Cette présentation effectuée par Anne-Catherine Colson et Sophie Blain a illustré concrètement qu'il est possible d'intégrer des considérations environnementales dans les marchés publics tout en répondant aux besoins des utilisateurs.
Les solutions circulaires sont-elles vraiment plus coûteuses ?
Les échanges ont également permis de revenir sur plusieurs idées reçues encore largement répandues concernant les produits circulaires. L'une des plus fréquentes concerne leur coût, souvent perçu comme plus élevé que celui des produits conventionnels. Rob Renaerts, expert chez Coduco, a rappelé l'importance de raisonner en coût total de possession (TCO - Total Cost of Ownership), qui prend en compte l'ensemble des coûts associés à un produit sur son cycle de vie : entretien, réparations, consommations, gestion de fin de vie ou encore impacts environnementaux. Cette approche permet généralement de démontrer que les solutions circulaires présentent des avantages économiques significatifs sur le long terme. Les discussions ont également souligné que la qualité d'un produit reste le critère prioritaire pour les utilisateurs, la circularité constituant un bénéfice complémentaire et non un argument suffisant à elle seule.
Comprendre les résistances pour mieux avancer
Ensuite, lors des tables rondes deyx thématiques ont été approfondies par les participants :
- IT et équipements électroniques
- Mobilier et aménagement intérieur
Parmi les obstacles identifiés de manière récurrente figurent :
- la réticence au changement de certains utilisateurs ;
- les doutes concernant la qualité, la performance ou la fiabilité des produits reconditionnés ;
- le manque de connaissance des solutions disponibles ;
- la difficulté à rédiger et évaluer des critères environnementaux objectifs ;
- la crainte des recours dans les procédures de marchés publics ;
- le poids encore très important du critère prix ;
- les risques de greenwashing ;
- les questions liées à la sécurité des équipements et à la traçabilité des composants. -
Les participants ont également relevé que les cahiers des charges restent parfois trop prescriptifs, limitant l'émergence de solutions innovantes ou circulaires.
Les clés pour faire évoluer les pratiques
Les discussions ont toutefois permis de dégager de nombreuses pistes de solutions pour accélérer le recours aux achats circulaires.
Parmi celles-ci :
- intégrer davantage de critères objectifs, mesurables et vérifiables dans les cahiers des charges ;
- privilégier la définition du besoin fonctionnel plutôt que de spécifications techniques trop détaillées ;
- développer la formation et l'accompagnement des acheteurs ;
- renforcer la sensibilisation des utilisateurs finaux ;
- favoriser les visites de terrain et le partage de retours d'expérience ;
- mettre à disposition des catalogues de solutions durables ;
- intégrer la réparabilité, la modularité ou encore la maintenance dès la conception des marchés ;
- instaurer un dialogue plus précoce entre acheteurs publics et fournisseurs.
Les échanges sur le matériel informatique reconditionné ont également mis en avant l'importance de garanties adaptées, de mécanismes de traçabilité et de critères liés à la réparabilité des équipements afin de renforcer la confiance des acheteurs publics.
Pour aller plus loin..
Les acteurs souhaitant intégrer davantage d'économie circulaire dans leurs marchés publics peuvent notamment s'appuyer sur :
- le Helpdesk Achats publics responsables ;
- le guide d'intégration de l'économie circulaire dans les marchés publics ;
- le catalogue des fournisseurs d'offre circulaire présents lors de l'évènement ;
- la future bibliothèque de clauses durables, actuellement en préparation et attendue au printemps 2027.
Cette édition du Meet & Greet a confirmé l'intérêt croissant des acteurs publics et privés pour la commande publique circulaire. Elle a également montré que les défis ne pourront être relevés qu'à travers une collaboration renforcée entre acheteurs, utilisateurs, fournisseurs et pouvoirs publics. Merci à l'ensemble des entreprises participantes, les intervenants ainsi que Möbius Business Redesign pour leur contribution à la réussite de cette journée.
Cet événement était organisé en partenariat avec la Stratégie wallonne de la commande publique responsable.