Low-tech : un futur habitable, déjà à portée de main
Immersion dans le Low-Tech Studio de l’Université de Liège, conçu et réalisé par Hellow, un des six lauréats de notre 3e appel "Chantiers, services et produits circulaires" (avec ses partenaires). Et si la transition écologique ne passait pas uniquement par des solutions complexes ou coûteuses, mais aussi par des choix simples, adaptés à chacun·e ?

À Liège, le Low-Tech Studio propose une expérience concrète et accessible autour de cette question. Ce lieu singulier invite à repenser notre manière d’habiter, non pas dans une logique de rupture, mais dans une dynamique d’adaptation progressive, au plus près des besoins réels.

Une démarche progressive, adaptée à chacun·e

L’un des messages forts portés par le Low-Tech Studio est sans ambiguïté : il ne s’agit pas de tout changer du jour au lendemain.

Le low-tech repose au contraire sur une approche souple et réaliste :

  • identifier ses besoins essentiels
  • expérimenter à son échelle
  • ajuster progressivement ses pratiques

Cette approche permet de sortir d’une vision parfois culpabilisante de la transition écologique. Elle propose plutôt une trajectoire évolutive, où chacun peut s’approprier certains principes, en fonction de son mode de vie, de ses contraintes et de ses envies.

Le studio fonctionne ainsi comme un démonstrateur : il montre jusqu’où il est possible d’aller, tout en laissant la liberté de s’en inspirer partiellement.

Un appartement-écosystème grandeur nature

Le Low-Tech Studio est une exposition immersive grandeur nature, d’un appartement-écosystème inspiré du vivant, plongeant les visiteur·e·s dans un futur sobre, durable et désirable. Le Low-Tech Studio est un projet de l’Université de Liège, financé par le Conseil universitaire de la Recherche et de la Valorisation. Initié par le laboratoire Inter’Act FSA ULiège, il vise à étudier et développer l’acceptabilité des Low-Tech en Belgique. Grâce à la cellule médiation de l’ULiège ; Réjousciences, cette biosphère muséale permet de conscientiser et d’inspirer le public aux enjeux d’habitabilité.
Le Low-Tech Studio prend la forme d’un logement expérimental d’environ 45 m², conçu comme un véritable système autonome. Chaque élément y est pensé comme une réponse concrète aux grands enjeux du développement durable.

L’ensemble fonctionne réellement : production d’énergie, gestion de l’eau, transformation des déchets, alimentation. Le principe est celui d’un écosystème, où les flux sont interconnectés et optimisés.

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une expérimentation menée en milieu urbain, dans un appartement parisien, dont les dispositifs ont été testés en conditions réelles pendant plusieurs mois, avant d’être intégrés et développés à Liège.

L’objectif est double :

  • démontrer la faisabilité d’un mode de vie sobre dans un habitat de taille exigeant peu d’emprise sur le sol
  • rendre ces solutions compréhensibles et appropriables par le plus grand nombre

Des solutions concrètes aux effets mesurables

L’intérêt du Low-Tech Studio réside dans la mise en œuvre de dispositifs simples, mais particulièrement efficaces.

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Quelques exemples issus de la visite :

Ce studio a été conçu et réalisé par l’entreprise HELLOWcoop et ses partenaires – Riche, Valbiom, Batiterre, Gramitherm – constitue un très bel exemple de construction modulaire, réversible à faible impact environnemental et lauréate du 3ème appel à projets "chantiers et services circulaires" mené dans le cadre de la Stratégie Circular Wallonia. Vous trouverez davantage d'informations sur leur projet sur notre site.

  • Une douche à très faible consommation
    Grâce à un système de brumisation et à un réservoir limité, une douche consomme environ 5 litres d’eau.
    Ce dispositif permet de réduire fortement les consommations d’eau et d’énergie, avec un facteur de division pouvant atteindre environ 15 selon les données présentées sur place. Petit plus : possibilité de déguster des pleurotes sous la douche, qui poussent joyeusement dans un espace qui leur est dédié dans la douche.
  • Une gestion énergétique adaptée aux ressources
    Le studio est alimenté par des panneaux solaires (quatre installés, dont deux raccordés), associés à un système de pilotage qui hiérarchise les usages selon l’énergie disponible.
    Cette logique invite à adapter ses pratiques quotidiennes au rythme de la production énergétique.
  • Des usages réinventés
    Machine à laver actionnée par un rameur, cuisson optimisée par une cocotte isolée inspirée de la marmite norvégienne, stockage des aliments repensé : autant de dispositifs qui illustrent une autre manière de satisfaire les besoins essentiels.
  • Une circularité à l’échelle du logement
    Les flux sont pensés comme des cycles :
    • récupération et réutilisation de l’eau
    • transformation rapide des biodéchets
    • réintégration des nutriments dans les systèmes de culture

Ces éléments illustrent concrètement comment des principes constructifs et des choix techniques simples peuvent contribuer à réduire significativement l’empreinte environnementale.

Une autre vision du confort

Au-delà des dispositifs, le Low-Tech Studio interroge nos représentations du confort.

Plutôt que de chauffer l’ensemble d’un espace, certaines solutions privilégient le chauffage du corps, par exemple à travers des vêtements adaptés ou des espaces de couchage confinés comme le lit « boîte ».

De même, l’accès à l’eau, à l’énergie ou à la nourriture est repensé pour limiter les consommations sans supprimer le service rendu.

L’expérience ne cherche pas à montrer une vie contrainte, mais à explorer des alternatives crédibles, parfois surprenantes, qui invitent à reconsidérer ce qui est réellement nécessaire.

Une démarche portée par l’expérimentation

Le projet s’appuie notamment sur les travaux de Caroline Pultz et de Corentin de Chatelperron, deux acteurs reconnus de la démarche low-tech.

Leur parcours est marqué par des expérimentations grandeur nature, menées dans des contextes variés :

  • en mer, avec le projet « Nomade des mers »
  • en environnement désertique
  • en milieu urbain, dans un appartement low-tech

Leur approche consiste à tester, à mesurer et à documenter un mode de vie sobre, afin d’en tirer des enseignements concrets. Ce travail a permis de démontrer la viabilité de nombreuses solutions, aujourd’hui visibles dans le studio.

Trois principes pour guider la transition

Les dispositifs présentés s’inscrivent dans une définition claire du low-tech. Une solution est considérée comme telle si elle répond à trois critères :

  • être utile, c’est-à-dire répondre à un besoin réel
  • être accessible, donc compréhensible, réparable et abordable
  • être durable, en limitant son impact environnemental sur l’ensemble de son cycle de vie

Cette grille de lecture constitue un outil pertinent pour orienter les choix techniques et les modes de vie.

Une vision positive de la transition

L’expérience proposée par le Low-Tech Studio se distingue par son approche résolument positive.

Il ne s’agit pas de prescrire un modèle unique, ni de promouvoir une vision radicale du changement. Le projet met plutôt en évidence le caractère possible, concret et parfois même stimulant de modes de vie plus sobres.

La visite suscite souvent des réactions de curiosité, voire d’enthousiasme. Elle montre que la transition peut aussi être source d’ingéniosité, de créativité et de satisfaction.

Un levier concret pour le développement durable en Wallonie

À travers cette initiative, l’Université de Liège et ses partenaires contribuent à rendre tangibles des enjeux souvent perçus comme abstraits.

Le Low-Tech Studio illustre des axes essentiels du développement durable :

  • adaptation des espaces aux besoins
  • réduction des consommations d’énergie et d’eau
  • économie circulaire
  • autonomie et résilience des systèmes
  • adaptation des modes de vie aux ressources disponibles

Il offre ainsi une base concrète pour nourrir la réflexion et encourager l’appropriation de solutions à différentes échelles.

Conclusion : expérimenter pour mieux évoluer

Le Low-Tech Studio ne propose pas un modèle à reproduire à l’identique.

Il invite plutôt à expérimenter, à questionner ses habitudes et à explorer d’autres possibles. En ce sens, il constitue un point de départ plus qu’un aboutissement.

La transition écologique y apparaît non comme une contrainte, mais comme une opportunité d’inventer des modes de vie plus sobres, mieux adaptés aux limites environnementales, et potentiellement plus satisfaisants sur le plan individuel et collectif.

Les visites sont gratuites cet été et jusque fin septembre, libres les samedis après-midis et sur réservation pour des entreprises et groupes scolaires.

Infos et inscription

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