Les membres du jury se sont rassemblés le lundi 31 aout et ont sélectionné les 11 challenges présentés ci-dessous. 

Vous êtes également confronté à une des problématique soulevées et vous souhaitez également orienter les PME et Start-up ? Contacter olivia.gregoire@mobius.eu pour plus d'informations.

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Vous souhaitez apporter une solution innovante à un des challenges ?

Comment pouvons-nous valoriser localement les plastiques rigides collectés dans les recyparcs ?

Actuellement, il n'existe aucune solution de valorisation en Wallonie, autre que l'incinération ou l'exportation, pour le flux "plastique rigide" collecté dans certains recyparcs wallons. Un certain pourcentage de plastique rigide recyclé pourrait être incorporé dans de nouveaux produits (éco conception).

Par "plastique rigide" nous parlons ici d'un flux composé principalement de PE/PP (70 à 80%) ainsi que divers plastiques comme le PS, PC, ABS, …Ce flux peut contenir de petites pièces métalliques comme anse de seaux, axe de jouets, … Ce flux ne contient pas de PVC rigide ni de tuyaux réticulés.

Comment pouvons-nous fabriquer un granulé de plastique à la fois biodégradable et biosourcé à partir de sous-produits agricoles ?

La nouvelle industrie croissante des plastiques biologiques connaît déjà une croissance de 20 à 100 % par an, mais il doit encore se battre pour produire à grande échelle et de manière rentable de nouveaux polymères d'origine biologique. La conversion de sous-produits agricoles en vrac et de faible valeur en granulés bioplastiques biodégradables pourrait constituer une étape importante dans la réduction de son coût de production.

À l'heure actuelle, les bioplastiques sont souvent produits à partir de matières premières qui conviennent également à l'alimentation humaine ou animale. Les flux de déchets agricoles se sont avérés être une ressource importante pour divers concepts de produits circulaires, cependant, les initiatives liées au traitement en aval vers des plastiques biodégradables sont rares.

L'industrie agricole est bien représentée en Wallonie et se compose d'une grande variété de flux de déchets potentiels, tels que le fumier animal, l'eau de rinçage, le bois, divers déchets de biomasse végétale... Il est donc possible de trouver en Wallonie un matériau de base approprié à partir duquel on peut produire un granulé plastique biodégradable.

Comment pouvons-nous mettre en place une solution technologique innovante pour assurer la collecte, le tri et le prétraitement in situ des déchets de soins de santé sans risque en PVC ?

Le PVC est un des plastiques les plus utilisés dans les hôpitaux dans de multiples applications telles que les dispositifs médicaux (ex : masques à oxygène, pochettes de perfusion), l’infrastructure hospitalière (ex : revêtements des sols et muraux) ou les emballages de médicaments (ex : blisters).

Ce type de recyclage nécessitant la gestion de flux purs provenant d’un nombre important de sources en relativement petite quantité, ces opérations devraient pouvoir de manière prépondérante se dérouler de manière prépondérante à la source de la production, c-à-d dans les hôpitaux.

Par manque de système de triage à la source, une part importante des déchets hospitaliers PVC sans risque (type B1) est mélangée avec les déchets avec risque (type B2), jusqu’à 10 fois plus chers à traiter. Ce surcout inutile pèse sur les charges d’exploitation des hôpitaux.

Une solution innovante pourrait consister en un équipement compact à installer près des points de génération des déchets dans les hôpitaux.

Comment pouvons-nous organiser la collecte des déchets de mousses de protection en PE de sorte qu’ils puissent être recyclés par leur producteur ?

Aux 60% de déchets d'emballages en plastique s'ajoutent des éléments de protection ou d'isolation.

Afin de protéger les produits contre les chocs tout en réduisant le poids de l’emballage et la quantité de matières utilisées, des éléments en mousse (XPE, EPS, XPP …) sont souvent intégrés dans la solution d’emballage de ces produits. Les produits moussés (à l’exception de l’EPS) ne sont pas collectés par les filières habituelles, en raison de leur faible poids par rapport à leur volume et du caractère diffus du marché des clients finaux. Ils terminent donc leur course à l’incinération alors qu’ils sont produits à partir de matières vierges recyclables (et recyclées dans l’industrie du film).

Le défi consiste donc à rassembler des déchets dispersés, très légers et généralement en petits volumes. Le potentiel à collecter au niveau belge est estimé à 3.000 tonnes.

Ce challenge pourrait faire émerger un système de logistique retour intelligent qui pourrait faire tache d’huile et être appliqué à d’autres flux de déchets. Actuellement aucune de ces mousses ne sont recyclées.

Comment pouvons-nous organiser la collecte des déchets de seaux en PP du secteur alimentaire de sorte qu’ils puissent être recyclés ou réutilisés ?

Les difficultés actuelles sont principalement liées à la logistique de distribution entre le fournisseur de denrées alimentaires, le grossiste et l’utilisateur final (HORECA, boulangeries, traiteurs, …) et au taux de résidu alimentaire que les seaux contiennent. Nous estimons que près de 3.000 tonnes de seaux en PP sont mis chaque année sur le marché belge. Seule une faible quantité est aujourd’hui recyclée.

Ce challenge pourrait permettre de réaliser un recyclage en circuit fermé dans le secteur de l’alimentation, soit par le nettoyage et la réutilisation des seaux, soit par le recyclage pour les matières trop souillées.

Comment pouvons-nous valoriser les plastiques biodégradables industriellement ?

Aujourd'hui en Wallonie les plastiques biodégradables industriellement (Label TÜV Austria OK Compost Industrial) par exemple à base de PLA, TPS, .. ne font pas l'objet d'une collecte séparée ou d'un tri spécifique et ils ne sont pas revalorisés via un compostage industriel adéquat. La mise en place d’un système de collecte et tri ainsi qu’un compostage industriel de ces plastiques pourra stimuler l'utilisation de plus de plastiques biodégradables. Une vraie solution en fin de vie permettra de profiter pleinement des atouts et propriétés des plastiques biodégradables. en les valorisant en fin de vie.

Ce challenge est en fait un chaînon manquant dans l'économie circulaire des plastiques biodégradables et il constitue un vrai frein à leur plus grande utilisation.

Comment pouvons-nous mettre en place une filière déchets-ressources de type "couches-culottes", depuis la collecte sélective jusqu'à la valorisation matière?

Les couches-culottes représentent plus de 8%* des déchets des ménages et sont actuellement incinérées. En effet, il n’existe, à l’heure actuelle en Région wallonne, aucune filière de valorisation de ces couches-culottes, langes pour adultes et autres serviettes hygiéniques (dont une proportion est à risque infectieux). La problématique soulevée vise l’ensemble de la chaîne de valeur: le tri sélectif auprès des ménages et des institutions (hôpitaux, maison de repos, crèches), la collecte, et l’acheminement vers une usine de traitement pour aboutir à la production de cellulose, plastique et polymère super-absorbant, dont la pureté et les propriétés physiques seraient proches de celles des matières vierges. En Wallonie, on estime à 40.000 tonnes/an les matières qui pourraient ainsi être recyclées.

Comment pouvons-nous collecter et réutiliser  ou recycler les masques chirurgicaux et FFP2 ?

Enormément de masques sont utilisés depuis la crise sanitaire. Après utilisation, les masques sont jetés en poubelles classiques et finiront brûlés ou en décharge. Actuellement le recyclage des masques, bien qu'intéressant écologiquement et économiquement, n'existe pas. Cette crise sanitaire soudaine a pourtant amené l'usage à des millions de masques par jour sans aucune filière de recyclage. Selon les experts, 15 millions de masques sont nécessaires par mois rien que pour les services de soins de santé en Belgique.

Nous sommes tous d'accord que jeter des masques potentiellement contaminés dans des poubelles publiques n'est pas la solution optimale et encore moins les voir polluer notre environnement, est -ce possible de mettre en place un moyen de collecte, tri et recyclage de ces masques ?

Comment pouvons-nous mettre en place la collecte et la revente de déchets, chutes, fin de série,... en plastique pouvant avoir une seconde vie au sein de nouveaux projets ?

Typique de l’économie circulaire, les déchets des uns deviennent les ressources des autres ! Mais il n’est actuellement pas facile de se procurer ces « déchets » plastiques pour les FabLabs, entreprises, ateliers de fabrication, de création,… 

Une plateforme, physique (Récupérathèque) et/ou numérique pourrait faciliter la mise en relation des personnes se débarrassant de ces déchets et ceux à leur recherche.

De plus dans les FabLabs avant de produire en grande quantité, les étapes de prototypage nécessitent peu de matières. Au lieu de commander une grande quantité de matière qui ne sera peut-être pas utilisée, un échantillon permettra déjà de valider un projet. C'est parfois l'occasion d'être inspiré par un "déchet" et créer une nouvelle idée/projet/produit.

Comment pouvons-nous sensibiliser des citoyens/créateurs/entreprises/enfants à la création à partir de déchets recyclé en utilisant des machines de transformation ?

La sensibilisation de tous est une étape importante dans la valorisation des déchets plastiques. 

Une manière d’y parvenir pourrait être de développer un kit commercialisable et à bas coût (éventuellement à monter soi-même) d’une ou plusieurs machines permettant de transformer les déchets plastiques en différentes formes (filaments, copeaux, plaques,...). 
La résolution de cette problématique pourra faire émerger un écosystème/communauté d'économie circulaire local et de recyclage avec des débouchés créatifs (mobiliers, lampes, nouveaux usages/idées).

Il sera important de veiller à ce que les normes et les lois relatives à l’utilisation des plastiques recyclés soient respectées. 

Comment pouvons-nous mettre en place une solution de retraitement (broyage, nettoyage, assainissement..) en interne des déchets de production salis pour permettre une réintroduction de ceux-ci dans la chaîne ?

A l'heure actuelle, les déchets de production salis sont éliminés en extérieur et ne sont plus valorisables. Comment imaginer une solution simple et mobile de retraitement (broyage, nettoyage et assainissement) des déchets plastiques issus des chaines de production ?